Histoire naturelle d’un territoire.

Dans ce document j’ai le désir de raconter certaines de mes expériences vécues dans la région du Darién Caraïbe Colombien, connue aussi comme l ‘Urabá du Chocó, entre les années de 1974 et 2019. Le texte sera centré sur la description et l’analyse des changements environnementaux qui se sont passés dans ce territoire et qui sont intimement liés avec l’échelle des valeurs qui a été gérée dans notre société en relation avec les écosystèmes sylvestres et le type de technologies employées pour sa destruction, car nous ne pouvons pas dire employées pour son bénéfice rationnel et durable.

Le Darién Caraïbe Colombien se situe sur le côté occidental du Golfe d’Urabá, limite au Nord-ouest avec la ligne de séparation entre la Colombie et le Panamá par la Serranía del Darién (cordillère du Darién) et au Sud-est avec le trajet final du bassin hydrographique du fleuve Atrato.

Territoire de l’histoire racontée (délimité en rouge). Situation de la communauté de Gilgal.

Avant l’arrivée des espagnols juste au début du XVIème siècle, ce territoire était habité par les communautés indigènes. Les conquérants espagnols établissent la ville Santa María La Antigua Del Darién  l’année 1510. Telle enclave européenne a duré peu de temps car les conflits entre les  espagnols eux-mêmes ont facilité la rébellion des peuples indigènes et la destruction de cette ville. À partir de ce moment-là, jusqu’à début de ce récit, -et même si plusieurs expériences sociales se sont passées telles que l’extraction de l’Ivoire végétal (Tagua), la récolte de la radicelle ou l’Ipécacuanha, les bananiers des allemands en Acandí dans les années 30, la raffinerie de sucre à Sautatá dans les bassins hydrographiques du fleuve Atrato et de la rivière Tilupo qui a fonctionné depuis 1924 jusqu’à 1940 et la permanente extraction sélective des bois fins de la forêt humide tropicale-, nous pouvons affirmer que les caractéristiques écologiques d’un territoire catalogué comme forêt humide tropicale (bh-t), d’après la classification d’Holdrige, avaient été conservées avec de grandes parties de couverture sylvestre relativement intactes.

À partir des années 50, simultanément avec la guerre civile provoquée par la violence politique, les luttes agraires ont commencé car les groupes de paysans cherchaient des terres où travailler. Motivés par les mouvements agraires qui se passaient dans beaucoup de pays d’Amérique latine, ils ont eu le slogan «La terre à qui la travaille ». Des envahissements se sont présentés dans beaucoup de latifundiums, la plupart d’entre eux improductifs. Il faut se rappeler que pendant toute l’histoire de la Colombie, depuis l’époque coloniale espagnole et les gouvernements indépendants d’Espagne jusqu’à nos jours, il a existé une grande concentration de la propriété rurale dans la main de peu de propriétaires, ainsi qu’une évidente négligence de la part de l’État envers les communautés paysannes en matière de santé, d’éducation et d’infrastructure comme le foyer, les chemins et les routes. Dans ce pays, nous observons, à côté d’immenses latifundiums d’élevage et de production de cultures pour l’exportation comme la canne de sucre et le café, des zones rurales où il y a des petites propriétés avec des ressources naturelles dégradées – sol, eau, biodiversité – et avec une population paysanne appauvrie et abandonnée à son sort, sans aucune organisation sociale solide.

Dans les années 60 l’État colombien a utilisé comme soupape pour ces conflits sociaux, la politique de la « Colonisation » des territoires qui avaient des écosystèmes sylvestres relativement intacts. Le programme de la réforme agraire en Colombie a donc commencé, dirigé par l’Institut Colombien de la Réforme Agraire – INCORA, et consistait à promouvoir la migration des paysans de différentes zones du pays, où de graves conflits sociaux existaient et qui ont été provoqués par le système de possession de la terre. C’est à partir de cette époque que les activités destructrices de l’écosystème tropical ont été chaque fois plus fortes et plus étendues.

Le projet INCORA – CHOCO 1 est mis en place dans le territoire du Darién Caraïbe Colombien, et l’immigration démarre par des colons provenant des régions les plus conflictuelles comme la Région Atlantique, Antioquia et le Valle del Cauca. Malheureusement l’orientation technologique et sociale de l’INCORA a été réalisée en sous-estimant les territoires sylvestres, sans connaître la valeur de la biodiversité, des fonctions écosystémiques offertes par ces territoires et de la régulation des conditions climatiques locales et planétaires, entre autres. En plus, ce programme a été caractérisé par l’improvisation des politiques de marché, et de l’absence d’un programme éducatif qui permettait de comprendre les caractéristiques des pratiques appropriées au tropique humide.

Aux débuts de la colonisation le modèle traditionnel de travail familier s’est présenté, dans lequel les hommes, les femmes et les enfants des familles paysannes, commençaient la transformation du territoire, en utilisant exclusivement la main d’oeuvre de la famille et en employant les haches et les machettes. Quand les colons arrivaient aux régions, ils se regroupaient à travers un lien, soit familial, de compérage ou bien de concitoyenneté, et ils délimitaient d’un commun accord une partie de la forêt qu’ils aspiraient à faire titrer plus tard par l’INCORA. Dans ces premiers temps, pendant que l’élagage progressif des arbres était fait pour construire le foyer et ouvrir la première parcelle et ramasser la première récolte, les groupes paysans généraient des liens étroits de solidarité comme unique garantie de survie, comme les travaux en commun (“à main changée”) et le prêt d’aliments entre autres.

Famille de colons. Des constructions faites avec les ressources de la forêt.

Chaque année au début de la saison sèche, en décembre et en janvier, le labourage du sous-bois commençait et à la fin du mois de janvier et tout le mois de février, la plupart des arbres étaient coupés à la hache, en cherchant  les plus secs possible, pour être brûlés dans un moment qui correspondait à la fin de la période sèche et au début des premières pluies. De cette manière, à la fin de la période sans pluies des tonnes de biomasse végétale sèches étaient prêtes à être brûlées. Pendant ces années, quand il y avait une stabilité climatique grâce à la présence de grandes extensions de forêts, la saison sèche et la saison des pluies étaient bien définies. La première allait de la moitié à la fin du mois de décembre, en se prolongeant jusqu’à la fin du mois de mars et la deuxième de la fin du mois de mars et début d’avril jusqu’à la moitié du mois de décembre.

La culture des agriculteurs exigeait que le 19 mars (jour de la Saint José, selon le calendrier des saints catholiques) ou le lendemain, les forêts coupées soient brûlées. Pendant les nuits, il était impressionnant d’observer dans le firmament le rayonnement rouge dégagé par les arbres brûlés et les explosions qui se produisaient grâce aux huiles des gigantesques arbres copaibas et baumiers qui étaient brûlés. Quand on voyageait dans cette époque de brûlage, il fallait faire attention à ne pas être enfermé par les incendies. Avec cette pratique, une destruction accélérée de la biodiversité s’est produite, autant végétale que animale, sans oublier le dommage causé dans la micro-vie du sol.

Le feu et la destruction de la biodiversité. La flèche indique un tatou carbonisé.

Aux commencements de la saison de pluie, les colons semaient les parcelles coupées et brûlées, soit avec du maïs, du riz, du manioc et d’autres cultures de cycle court qui fournissaient des aliments aux familles et qui en plus permettaient l’alimentation des volailles et des porcs. Ces derniers étaient importants car il n’existait pas de voies praticables qui permettaient de commercialiser le grain de maïs, et donc la seule alternative était de nourrir les porcs qui étaient eux-mêmes engraissés et de cette manière

pouvaient sortir en marchant pour être vendus dans les petits villages proches. Pendant cette période de semailles, plusieurs modalités de plantation existaient, comme la culture du maïs associée à celle du manioc et du riz, de maïs et du potiron, même si ce sont les monocultures de céréales et de tubercules qui ont prévalues, avec un sol complètement « propre » après le brûlis. Le système le plus conduit était la culture de maïs associée aux plantes graminées (fourrage vert) qui formaient plus tard le pâturage.

Cadavre d’un singe capucin surprit par un arbre démoli.

Les cultures étaient faites à ciel ouvert et pendant le processus de nettoyage de celles-ci, on détruisait complètement toute sorte de succession végétale à travers la machette. Ce verrouillage des successions végétales a commencé à devenir plus grave à partir de l’année 1970, quand l’emploi des herbicides chimiques a été diffusé entre les agricultures et les éleveurs de bétail.

Comme conséquence de l’effet des hautes températures environnementales et des intenses pluies de la région, cette gestion du sol permettait d’utiliser la parcelle uniquement pendant une année et demie maximum, puisque des processus de compactage, lixiviation et prolifération de plantes indicatrices (soi-disant les mauvaises herbes) de graves déséquilibres dans la santé des sols, ont commencé à se présenter et à refléter la génération de cultures improductives, et pourtant, il fallait les laisser en éteule ou en jachère pendant minimum cinq ans. Ce dernier point obligeait le colon à taler un autre hectare de forêt pour répéter le processus.

Quand le colon avait talé la totalité de la réserve de forêt, la ferme se transformait soit en des lots de pâturage ou en champs de chaumes immatures (des successions végétales secondaires). Le premier cas était grâce à des processus d’appauvrissement par l’effet du compactage du sol, celui-ci provoqué par le surpâturage et la force des pluies dans des terrains dépourvus généralement d’arbres. Les deuxièmes étaient labourés, élagués et brûlés pour ressemer des monocultures de riz ou de maïs. Mais au fur et à mesure que les périodes de repos étaient plus courtes, un appauvrissement du sol se faisait évident avec des récoltes peu productives et l’envahissement de plantes qui indiquaient la dégradation de ce dernier.

Malheureusement, cette manière de gérer les ressources naturelles du territoire était une politique d’Etat, puisque l‘INCORA, l’institution qui coordonnait la gestion des titres qui octroyaient aux colons le droit de la propriété des territoires appelés des terrains vagues, leur demandait de montrer au fonctionnaire de l’institut au moins 50% du terrain qu’on voulait titrer avec la forêt talée et transformée en pâturage ou en parcelles avec des cultures temporelles, si possible associées aux graminées fourragères.

En plus, cette politique de l’État colombien était supportée par des organismes internationaux, entre eux, par exemple, la Banque Internationale pour La Reconstruction et Le Développement (BIRD), qui cherchaient à conduire la région d’Urabá du Chocó et d’Antioquia, à un modèle agro-industriel pour l’élevage de bétail et bananier respectivement. En suivant ces politiques, on a utilisé les colons pour réaliser l’élagage des arbres, activité avec de grand coûts économiques, sociaux et des dépenses d’énergie soit humaine ou mécanique.

Pendant les années 60 jusqu’à la moitié des années 70, le modèle de colonisation réalisé par les colons désireux de devenir propriétaires a dominé. Mais simultanément, à partir du début des années 70, le processus historique de la concentration de la propriété rurale s’est intensifié, la propriété demeurant dans les mains de peu de propriétaires et formant de grands latifundiums. Il y a eu beaucoup des formes pour que cela se passe de cette manière.

Parfois quelques commerçants avançaient de l’argent et des provisions aux colons pour qu’ils subsistent pendant qu’ils élaguaient les forêts, « Le mont » dans le langage des colons, et semaient du maïs avec de l’herbe, mais avec le compromis de vendre au commerçant la récolte pour payer leur dette et en recevant ce qui restait du maïs vendu. Beaucoup de fois, quand les récoltes échouaient ou il y avait des calamités familières comme des maladies ou des accidents, le colon ne pouvait pas payer sa dette au commerçant et celui-ci assurait son argent en recevant une partie de la propriété. En plus de cela, puisqu’il n’existait pas une politique d’État pour un commerce des récoltes du maïs et que tous les colons récoltaient le maïs en même temps pendant la période de récolte, les commerçants profitaient de cette situation et offraient pour le maïs des prix ridicules qui ne permettaient pas aux colons de payer leurs dettes.

Parfois, cette situation était plus grave car le colon ne pouvait pas s’endetter avec des institutions officielles comme l’INCORA ou Caisse Agraire et finalement la propriété était sous embargo et mises aux enchères à des prix d’opportunité pour les acheteurs de terres.

Aussi dans les années 70 des investisseurs sont arrivés à la région, spécialement de la ville de Medellín. Ceux-ci allaient en acquérant « des améliorations », c’est à dire les terres que les paysans leur offraient à des prix favorables et de cette manière en établissant de grandes fermes pour le bétail. En plus de cela, les cultures de marihuana et de coca ont commencé et ont parallèlement fortifié l’expansion du bétail. De la même manière, cette région a subi des périodes d’intense violence spécialement pendant les années 1980 à 1984 et de 1991 à 2010, et depuis cette année jusqu’à 2019, la violence continue sous une forme cachée, dans laquelle le silence et l’impuissance de la communauté prévaut.

Il est nécessaire de souligner que le processus de destruction de la forêt pendant environ les dix premières années, a été réalisé dans les plaines alluviales des rivières qui naissent dans la Cordillère du Darién et qui parcourent le territoire colombien jusqu’à se jeter directement dans le Golf d’Urabá ou indirectement en s’unissant avec le fleuve Atrato. Mais à partir de 1970, on a commencé le déboisement des bassins moyens et hauts, en affectant des zones très fragiles à cause des fortes pentes, où les dommages environnementaux étaient plus rapides et intenses en raison de la forte érosion causée grâce au ruissellement. Cette problématique est devenue pire encore en raison de l’utilisation des tronçonneuses.

L’érosion hydrique dans les pentes du bassin haut de la rivière Cutí.

En août de 1973, le gouvernement colombien a signé un accord à travers le Ministère de l’Agriculture, pour un travail ensemble entre l’Institut Colombien Agricole – ICA, l‘Institut des Ressources Naturels – INDERENA et le Département d’Agriculture des États-Unis – USDA. Cet accord était lié avec le projet connu comme « L’ouverture du Bouchon du Darién » pour que la route panaméricaine s’unisse depuis le Chili jusqu’à l’Amérique du Nord sans être interrompue dans cette région entre la Colombie et le Panamá. Cette proposition était supportée par les groupes politiques et économiques de la Colombie qui malheureusement ne prenaient pas en compte le besoin de protéger ce territoire de grande importance pour la conservation de la biodiversité de la planète. Des scientifiques dans le domaine de sciences écologiques ont nommé cette région « L’arc de Noé » de la biodiversité tropicale, car il existe ici un endémisme important d’espèces végétales et animales en raison de cette union de l’Amérique Centrale et de l’Amérique du Sud

Dans la décennie des années 70, beaucoup de publicité a été réalisée pour que la société colombienne accepte la destruction de ce « Sanctuaire » de la biodiversité, pour lier les deux Amériques en la considérant comme une œuvre nécessaire pour le développement et le bien-être de la nation. Mais dans la réalité, il s’est passé le contraire, puisqu’une époque de violence a démarré pour déplacer les communautés paysannes afro, indigènes et métisses et de cette manière s’approprier leurs terres pour initier des projets agro-industriels de palmier à huile et d‘élevage de bétail.

Mais dans l’année de 1973 et comme résultat de la pression exercée pour faire cette œuvre de l’ingénierie, le gouvernement des Etats-Unis s’est opposé à sa construction, en expliquant une affaire de sécurité nationale liée avec le risque sanitaire qui existait de construire cette partie de la route Panaméricaine, puisque la Colombie était un pays où la fièvre aphteuse était endémique et cette maladie pouvait affecter à nouveau les Etats-Unis, le Mexique, Le Panamá et les autres pays d’Amérique centrale. La fièvre aphteuse est une maladie d’origine virale qui affecte les animaux domestiques à sabots fendus (ongulés) comme les bovins, les ovins, les caprins et les porcins ainsi que les animaux sauvages aux mêmes caractéristiques anatomiques et physiologiques que les cerfs. La politique de santé animale des États-Unis pour la gestion de cette maladie, depuis les débuts des années 50, était fondée sur l’éradication totale de la fièvre aphteuse en appliquant le fusil sanitaire. Quand une épidémie de cette maladie apparaissait, on procédait à l’abattage des animaux malades et de toute population qui avait pu être en contact avec les animaux malades. Dans quelques fermes, on sacrifiait tous les animaux à sabot fendu. Les éleveurs recevaient une indemnisation déterminée par le gouvernement et la ferme était mise en quarantaine pour un temps déterminé par les vétérinaires, sans espèces animales vulnérables de subir la fièvre aphteuse.
 

Après avoir discuté la première option proposée par le gouvernement des Etats-Unis, qui consistait à finir l’élevage de bétail et l’exclusion des espèces vulnérables à la maladie, cette alternative a été refusée par le gouvernement colombien parce que cette situation pouvait provoquer un conflit social violent dans cette région. La deuxième option proposée par le gouvernement américain est donc acceptée, qui permettait de continuer l’élevage de bétail et la présence des autres espèces vulnérables à la fièvre aphteuse mais avec les conditions suivantes :

 

  1. Le territoire devait être déclaré « Zone libre de Fièvre Aphteuse Sans Vaccination ».
  2. Si une épidémie se présentait, le fusil sanitaire était appliqué aux animaux malades et sains.
  3. L’interdiction totale de l’entrée d’animaux à sabot fendu depuis n’importe quel lieu de la Colombie. On permettait l’entrée de ces animaux de zones libres de fièvre aphteuse depuis l’Amérique Centrale et du Nord.
  4. La surveillance épidémiologique sur les ports et aéroports pour éviter l’introduction de sous-produits animaux comme le fromage, la viande et les peaux et/ou des animaux vulnérables. En plus, on installerait des postes de désinfection pour les chaussures et les outils utilisés dans les fermes des zones où la maladie existait.
  5. En plus de toutes ces conditions, on établirait une zone protectrice et isolante entre la zone d’élevage et le future trajet de la route Panaméricaine dans « Le Bouchon du Darien », définie initialement, par environ 40.000 hectares où on laisserait se récupérer la forêt, territoire connu actuellement comme le Parc National Naturel Los Katíos.

Par hasard, la même année 1974, quand l’accord ICA-INDERENA-USDA a été signé, deux épidémies de fièvre aphteuse se sont présentées dans la nouvelle zone libre de cette maladie. Cette situation a permis d’entrainer le personnel technique colombien dans la gestion des protocoles employés dans l’application du fusil sanitaire. L’abattage des animaux a été exécuté par la police nationale de la Colombie. La plupart des animaux fusillés, environ 900 bovins de toutes les caractéristiques et des autres animaux comme les ovins, les caprins et les porcins appartenaient à la ferme Tanela, située dans la vallée de la rivière du même nom.

Fusil sanitaire. Abattage des animaux dans l’épidémie de fièvre aphteuse. Ferme Tanela. Saison sèche de 1974.

Couverts par ce projet, les grands éleveurs de la région et avec le support de l’Institut Colombien Agricole, ont commencé à divulguer entre les communautés de la municipalité de Acandí, l’idée que cette région pour être cataloguée comme une zone libre de fièvre aphteuse, pouvait entrer dans le marché international de l’exportation de viande bovine. Cette situation a fait que dans l’imaginaire des gens apparaisse l’élevage de bétail dans les grandes propriétés comme un espoir de développement, en parlant de futurs ports et aéroports internationaux pour la sortie du bétail. Mais ce qui a été une vraie réalité, à partir de ce moment-là, c’est la destruction accélérée des restes de forêt tropicale et l’accroissement des grands latifundiums pour l’élevage du bétail. Cette situation a été aussi accompagnée par les périodes de grande violence, spécialement entre les années 1991 et 2005, fait qui a aussi favorisé le déplacement de beaucoup de colons qui devaient abandonner ou vendre leurs terres à des prix ridicules.

Juan Guillermo Restrepo Arango.
Gilgal, Communauté autochtone d’Unguía, Département de Chocó, Colombie
Novembre 2019

Fin de la première partie.

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