Les forêts de Colombie: inventaire et actualité.

Introduction

La Colombie est située entre deux océans et est traversée par trois chaînes de montagnes, issues de la cordillère des Andes. Sa géographie, son orographie et sa variabilité climatique lui confèrent un système riche et complexe d’écosystèmes d’importance mondiale, et lui donnent la classification de pays méga-divers ; ayant un des indices de biodiversité les plus élevés de la planète, cette nation héberge avec une dizaine d’autres pays plus de 70% de la biodiversité.

Possédant donc plusieurs biomes, la Colombie actuelle possède une série d’écosystèmes uniques au monde, que nous vous présentons ici :

  • Páramo: biotopes néo-tropicaux d’altitude englobant les vastes zones qui couronnent les chaînes de montagnes entre la forêt andine et la limite inférieure des neiges éternelles. En général, elles s’étendent entre 3200 et 4500 mètres d’altitude.
  • Zones humides de haute montagne : les zones humides peuvent être considérées comme le système biologique situé dans la transition entre les écosystèmes terrestres et aquatiques dont ils partagent les caractéristiques. En haute montagne, les zones humides correspondent principalement aux lagunes, qui sont situées à une altitude supérieure à 2 700 m d’altitude et proviennent des glaciations du Pléistocène (il y a 1,8 million d’années) et de l’Holocène (il y a 10 000 ans).
  • Forêts tropicales sèches : elles correspondent seulement à 3% des forêts du monde et 8% des forêts colombiennes, et se caractérisent par le fait qu’elles sont exposées à l’irrégularité annuelle des précipitations, soit à une saisonnalité climatique où une forte saison sèche conditionne sa capacité de survie. Il est fréquent d’observer dans cet écosystème des plantes qui perdent leurs feuilles pendant la saison sèche (feuilles caduques) et qui verdissent pendant la saison des pluies.
  • Forêts de brouillard : les forêts de brouillard présentent une grande diversité d’espèces; par exemple, elles constituent l’habitat de 10% des espèces d’oiseaux à distribution restreinte. En Amérique, ces forêts représentent 1,2% des forêts tropicales, 8,4% des forêts tropicales de montagne et servent d’habitat à 11,6% des espèces d’oiseaux menacées sur le continent.

Importance des Forêts tropicales

En général, les forêts tropicales se situent entre 30° N et 30° S et se caractérisent par une température moyenne de 25° C et des précipitations abondantes pouvant varier entre 2500 et 10000 mm par année. Sa structure est complexe, formant différentes strates de végétation, du sous-bois à la canopée, qui atteint une hauteur moyenne de 30 m.

En raison de leur grande complexité et de leur exubérance, les forêts tropicales sont l’un des écosystèmes les plus emblématiques des biomes terrestres. Ils ont été une source d’inspiration pour les mythes, légendes et récits de fiction tirés de symboles religieux, spirituels et fantastiques. Cette signification symbolique repose sur une réalité biologique, car ils représentent les plus importants réservoirs de diversité biologique de la planète ; occupant seulement 7% de la surface de la terre, les forêts tropicales sont le refuge de plus de 50% des espèces végétales et animales terrestres.

En même temps, ces écosystèmes jouent un rôle régulateur fondamental à grande échelle. À travers le processus de photosynthèse, cette immense masse végétale joue un rôle clé dans les cycles biogéochimiques, en particulier dans le carbone. La captation du carbone atmosphérique et son stockage dans les tissus végétaux font des forêts tropicales un réservoir naturel de CO2 d’une grande importance ; on estime que les forêts tropicales stockent près de 60% du carbone total accumulé dans les écosystèmes forestiers.

État des forêts de la Colombie

D’après l’IDEAM (Institut d’hydrologie, de météorologie et d’études environnementales), « en Colombie la forêt naturelle est entièrement constituée de terres occupées principalement par des arbres pouvant contenir des arbustes, des palmiers, des bambous, des herbes et des lianes, dans lesquelles le couvert forestier est prédominant avec une densité minimale de canopée (in situ) de 5 m au moment de l’identification et d’une superficie minimale de 1,0 hectare. Les couvertures d’arbres de plantations forestières commerciales sont exclues ».

Avec une superficie de 2’070.408 km², dont 1’141.748 km² correspondent à son territoire continental et les 928.660 km² restants à son extension maritime, la Colombie conserve 60% de son territoire à l’état naturel, 7% au demi-naturel et 24% transformés.

Néanmoins, cette situation a rapidement évolué en raison du taux élevé de déforestation et du fait que ces écosystèmes néo-tropicaux hébergent une grande diversité biologique, rendant leur équilibre délicat et difficile à maintenir.

Changement historique dans la superficie couverte par la forêt naturelle (2010-2016) - Les données correspondent à la moyenne annuelle de la différence entre la superficie de forêt régénérée (gain) et la superficie de forêt déboisée (perte) entre 2010 et 2016 pour le pays.

Déforestation en Colombie

Malgré la richesse de son domaine forestier, la Colombie traverse une crise environnementale provoquée par l’exploitation aveugle des ressources boisées, guidée par des enjeux économiques à court terme et peu attentive aux aspects environnementaux.

Malheureusement, la déforestation et l’exploitation forestière dans le pays continue à augmenter ; 219 973 hectares de forêt ont été détruits entre 2016 et 2017, chiffre qui devrait être dépassé très probablement en 2018 d’après l’IDEAM.

Taux annuel de déforestation historique (2010 - 2016).

Les données correspondent à la variation annuelle de la superficie couverte par la forêt naturelle entre 2010 et 2016 dans le pays. Les valeurs négatives sont présentées dans les périodes de perte de superficie de forêt naturelle tandis qu’une valeur de zéro signifie qu’aucune déforestation n’a été détectée. En 2016, le taux de déforestation national était de -0,30%.

Selon le dernier bulletin de l’IDEAM, et des premières détections correspondant au quatrième trimestre de 2018 (octobre à décembre), 75% de la déforestation du pays est concentrée dans la région amazonienne.

Le Ministère de l’Environnement estime que le taux de déforestation annuel de l’année 2018 pourrait être compris entre 260 000 et 280 000 hectares dévastés.

En Colombie, les principales causes de la déforestation sont l’expansion de la frontière agricole, en particulier en raison de l’élevage extensif du bétail (dont on questionne le rôle dans l’appropriation des « terres vagues »), les cultures illicites, l’exploitation forestière illégale, l’exploitation minière et les infrastructures, les incendies de forêt et la pression de la croissance démographique.

Rôle de la conservation

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il existe un consensus scientifique international suffisant pour dire que les zones protégées sont devenues l’outil le plus efficace pour la conservation de la biodiversité.

En plus de l’objectif de conservation de la biodiversité et de ses attributs respectifs (composition, structure et fonction), dans tous ses domaines – écosystèmes – paysages, communautés, espèces et gènes – dans le cas de la Colombie, deux objectifs supplémentaires vont également prévaloir. D’une part, assurer la circulation des services écosystémiques essentiels au développement social et économique de la nation et, d’autre part, préserver les éléments naturels associés à la reproduction culturelle des sociétés traditionnelles, qui dans un pays constitutionnellement défini comme multiculturel et multiethnique, résultent déterminants pour la persistance des langues, des usages et des coutumes des minorités ethniques du pays.

À partir de cette condition, nous trouvons un large spectre en faveur de la conservation de la biodiversité, dans lequel non seulement le sujet de la préservation et de la protection des ressources naturelles est abordé, mais également la connaissance et l’utilisation durable.

Finalement, nous vous partageons quelques exemples d’activités pouvant promouvoir l’atténuation ou l’adaptation au changement climatique, d’après la Convention sur la diversité biologique (CDB) :

  1. La maintenance et la restauration des écosystèmes naturels
  2. la protection et l’augmentation des services écosystémiques
  3. la gestion des habitats des espèces menacées
  4. la création d’abris et de zones tampons
  5. la mise en place de systèmes de zones protégées d’écosystèmes terrestres, marins et d’eaux douces.


Colombie Célestine s’implique dans les processus de conservation et de restauration de la nature.

Bibliographie

  1. SÁNCHEZ, Juan ; MADRIÑÁN, S. Biodiversidad, conservación y desarrollo. Bogotá : Universidad de los Andes ; Ediciones Uniandes, 2012.
  2. http://www.ideam.gov.co/web/bosques/deforestacion-colombia
  3. http://www.ideam.gov.co/web/ecosistemas/superficie-cubierta-por-bosque-natural
  4. http://181.225.72.78/Portal-SIAC-web/faces/Dashboard/Biodiversidad2/bosques/estadoCifrasBosques.xhtml?entidad=IDEAM

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